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De la microstructure des matériaux au jumeau numérique du vivant : un parcours multidisciplinaire

Photo du rédacteur: Ali ROUWANEAli ROUWANE

Ali ROUWANE
Ali ROUWANE

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview


Pourriez-vous présenter votre parcours avant la thèse ?

Après une licence en Mathématiques et Informatique à la Faculté des Sciences et Techniques de Mohammedia (Maroc), où j'ai développé un attrait pour les mathématiques et leur application à la physique, j'ai intégré la troisième année de l'INSA de Toulouse en Mathématiques Appliquées. Je me suis spécialisé dans les méthodes et modèles numériques, avec un intérêt particulier pour le traitement d'images et les équations aux dérivées partielles. Deux stages d'initiation à la recherche à l'Institut de Mathématiques de Toulouse, axés sur le développement de code ont partiellement renforcé mon intérêt pour la recherche.


Qu'est-ce qui vous a amené à faire une thèse et quel était votre sujet de recherche ?

Je n'envisageais plus de faire une thèse pendant ma dernière année d'école d'ingénieur. J'avais quelques doutes quant à ma capacité à mener à bien un projet de recherche. Cependant, lors de mon stage de fin d’études dans une entreprise d’édition de logiciels à Paris, un de mes professeurs m'a proposé un sujet pluridisciplinaire qui a ravivé ma passion et m'a donné l'envie de me dépasser. Je suis donc revenu à Toulouse pour entamer une thèse à l’Institut Clément Ader. 

Ce sujet portait sur la mesure des déformations de matériaux cellulaires à l'échelle microstructurale, plus précisément à l'échelle des ligaments. Pour illustrer, imaginez une éponge : le défi était de mesurer précisément comment les "parois" de cette éponge se déforment lorsqu'on la comprime.

J'ai développé une méthode combinant la corrélation d'images numériques 3D (appelé aussi recalage d’images) et la modélisation mécanique. L'idée était d'améliorer la précision des mesures en tirant parti des informations structurelles du matériau. Cette approche, que l'on pourrait simplifier en disant qu'elle consiste à "ajouter une loupe à une loupe", ouvre des perspectives intéressantes pour l'optimisation des propriétés de ces matériaux dans divers domaines, de l'aéronautique au biomédical, et plus particulièrement pour les matériaux architecturés fabriqués à l'aide de la fabrication additive.

 

Que retenez-vous de votre expérience de thèse ?

Ma thèse a été une expérience difficile et passionnante. J'ai vraiment pu m'approprier le sujet dès le début, car j'avais la chance de faire beaucoup de numérique et de produire des codes. J'ai acquis une autonomie de travail, une rigueur scientifique et une capacité d'analyse que je considère aujourd'hui essentielles. J'ai aussi appris à ne pas utiliser n'importe quelle approche sans être sûr de ses limites, erreurs et incertitudes, et j'ai gagné en aisance à l'oral. Bien sûr, il y a eu des moments difficiles, des périodes de doute et de solitude. Mais j'ai appris à relativiser et à trouver un meilleur équilibre entre ma vie personnelle et professionnelle, notamment grâce à la pratique régulière du sport, qui m'a permis de bien finaliser ma thèse. J'ai compris que le milieu de la recherche, comme tout autre milieu, a ses propres dynamiques sociales... qui ne sont pas toujours parfaites


Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui envisage de se lancer dans un doctorat ?

Mon principal conseil serait de choisir un sujet qui vous passionne vraiment et de vous assurer que l'équipe d'encadrement est compétente et bienveillante. Il faut s’approprier le sujet, développer ses propres outils et explorer des pistes originales qui ne font pas partie nécessairement de l’expertise de ses encadrants. Il est également essentiel de ne pas rester isolé. Échangez avec d'autres doctorants et membres du laboratoire, car ils peuvent vous aider à remettre votre travail en question et à l'améliorer. Je pense aussi que l'objectif n'est pas d'obtenir des résultats spectaculaires à tout prix, mais de mener une recherche rigoureuse et intègre, en respectant la démarche scientifique.


Comment votre expérience de thèse a-t-elle influencé votre parcours professionnel et vos projets d'avenir ?

Ma thèse m'a apporté une expertise solide en traitement d'images tomographiques et en modélisation numérique, que j'utilise aujourd'hui dans mon travail de post-doctorat. Actuellement, je travaille sur la création d'un jumeau numérique d'un ver biologique afin d’améliorer une technique de reconstruction tomographique. Je continue à mettre mon expertise au service d’un autre domaine qui est la biologie. Pour l'avenir, je suis activement à la recherche d'un poste d'ingénieur en recherche et développement, que ce soit dans le secteur public ou privé.


 Mots-clés : INSA Toulouse, Université Toulouse III – Paul Sabatier, Institut Clément Ader

 

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